jeudi 1 avril 2010

Les accomodements à sens unique

Cette semaine c'est la pâque juive. Pessa'h comme ils l'appelent. Cette fête commémore l'Exode des Hébreux hors d'Égypte. Pessa'h marque la « naissance » des enfants d'Israël, dont est issu le peuple juif. Comme la plupart des rites et traditions religieux, à la base c'est tout à fait noble. Mais voilà cette semaine à Montréal la fête a quelque peu dégénéré. L'arrondissement Outremont, pour accomoder les nombreux juifs hassidiques désireux de procéder au rituel de la crémation des pains, a mis à la disposition des fidèles un espace sécuritaire pour procéder. Hors voilà, pressé d'en finir pour 11h40, selon les exigences du rite, les fidèles se sont précipités pour tout brûler le plus rapidement possible, ne prenant plus la peine de retirer les pains de leurs sacs de plastique. Résultat; les incendies ont pris de l'ampleur et dégageaient beaucoup de fumée. Les pompiers ont donc décidés, pour des raisons de sécurité, d'éteindre ces feux et de mettre fin au rituel. Scandale! Les uns crient à l'antisémitisme, les autres implorent leur droit à un accommodement en vertu de la liberté de religion. Qui a raison, qui a tort? Les pompiers ont-ils agis trop rapidement? Les juifs ont-ils respectés leur engagement quant au déroulement de la cérémonie? Je l'ignore, n'empêche que je crois à la bonne foi des autorités qui dès le départ ont acceptés de permettre aux juifs de procéder à ce rituel en toute sécurité.

Je suis pour les accommodements raisonnables, tant que ceux-ci demeurent raisonnables. Le problème est que la ligne est très mince entre le raisonnable et le déraisonnable. Le raisonnable est de leur permettre de procéder à ce rituel en toute sécurité puisque ça ne change rien pour nous et ça change tout pour eux. C'est même plus simple de permettre ce rituel que d'aménager un fumoir à la sortie d'un restaurant ou une rampe pour handicapés, ce que nous faisons avec plaisir partout où c'est possible. Le déraisonnable par contre c'est de pousser toujours plus loin les demandes et de crier à l'injustice dès l'instant que les conditions ou la réponse leur déplaît. L'injustice c'est nous qui la subissons en se faisant traiter à tort d'être raciste, injuste ou antisémite et c'est pourquoi je pense que les québécois ont autant de misère à avaler la pilule des accommodements dits raisonnables. Mais ne nous laissons pas envahir par de mauvais sentiments pour autant et n'oublions pas que l'agitation provient la plupart du temps d'une minorité, comme les débordements de la parade de la coupe Stanley ou le brasse-camarade syndical. L'oeuvre d'une minorité.

Pour terminer sur ce délicieux sujet des accommodements raisonnables, cette semaine ma blonde a dû justement passer une nuit à Outremont à l'hôtel Quality Midtown de la chaîne Choices Hotels. Elle a réservé dans cet hôtel pour la proximité de sa destination bien sûr mais aussi parce qu'ils offrent le petit déjeuner continental le matin, très pratique. Mais quelle ne fut pas sa surprise justement de constater qu'au petit matin, en raison de la pâque juive, il n'y avait pas de pain pour déjeuner. Pas de croissant ni de muffin non plus. On lui a refusé tout morceau de pain et on lui a carrément dit que c'était en raison de la pâque juive. Elle a évidemment demandé un accommodement, elle n'est pas juive. Que les juifs refusent le pain si ça leur chante, ça ne devrait pas empêcher les clients non-juifs de l'hôtel d'en manger. Mais on ne lui a pas accordé, ils étaient intransigeants à ce sujet. On ne mange pas de pain dans un hôtel du quartier juif durant la pâque juive, point final. Outremont c'est plein de sens unique, et pas seulement sur une carte.

Pour terminer, je vous suggère un documentaire inédit sur la traque des criminels de guerre nazis diffusé récemment sur TV5, et disponible en ligne sur TV5.ca sous le titre La traque des nazis. Ce documentaire retrace l'histoire de la longue traque des criminels de guerre Nazis, de 1945 à aujourd'hui. On y fait la connaissance de trois personnages d'exception; l'Autrichien Simon Wiesenthal et le couple français Beate et Serge Klarsfeld. Pour la première fois on y montre des documents d'archives jusque là jugés impossibles à montrer. Ma fille de 14 ans en est resté bouche-bée, leurs cours d'histoire ne va pas très loin au sujet de l'holocauste. Vivement que cette situation se corrige pour que passe enfin le message des amputés de guerre : JAMAIS PLUS LA GUERRE!

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