mardi 22 février 2011

Leçons de démocratie arabe et africaine

Ma première leçon de démocratie remonte à novembre 1989 avec la chute du mur de Berlin. L'image de milliers d'allemands de l'est en liesse devant une démocratie et une liberté enfin retrouvée restera à jamais gravée en moi. Pour la première fois je prenais conscience de ces valeurs que nous, nord-américains, prenons pour acquises. Aujourd'hui ce sont les tunisiens, les égyptiens, les lybiens, les iraniens, les yéménites et j'en passe, qui nous donnent une grande leçon de liberté et de démocratie. Tous les jours ils sont des milliers à risquer leur vie pour cette noble cause. Non pas que nous devrions descendre dans la rue pour exiger un renversement de pouvoir dans la révolte, mais à tout le moins nous devrions sincèrement nous interroger sur l'importance que nous accordons à ces valeurs. Les méritons-nous vraiment?

Aux dernières élections provinciales en 2008, le taux de participation n'a été que de 57,33%. Ce n'était guère mieux sur la scène fédérale avec un faible 58,8% et le pire revenant aux municipales avec une honteuse moyenne de 40% au niveau provincial. Chez nous il est rare de voir des gens fiers et heureux exprimer leur droit de vote. Les rares dont je me souvienne sont des immigrants ayant fuient une dictature à la Duvalier ou à la Pinochet et qui non seulement se faisaient un devoir d'exercer leur droit de vote mais se réjouissaient de pouvoir exprimer leurs opinions politiques. Mise à part, c'est quasiment résigné que nous, les souches, allons voter et si par malheur le temps d'attente dépasse dix minutes plusieurs rebroussent chemin, ayant mille occupations plus importantes que de voter. C'est triste à pleurer.

Regardez les informations internationales à l'occasion et remarquez les files d'attente lors d'élections en Afrique ou en Haïti. On y voit souvent des milliers de citoyens faire la file pendant des heures sous un soleil de plomb, malgré la soif, la faim, les mouches, les bébés qui pleurent, la possibilité d'un scrutin annulé, les fraudes massives et j'en passe. Songez un seul instant à ce que serait notre taux de participation si il fallait que nous ayons à endurer ne serait-ce que le quart de ces contraintes. Il chuterait en deçà de 5% j'en suis convaincu.

Il est facile de chialer sur nos dirigeants actuels, et j'en suis parfois. Ce qui nous donne ce privilège est, à mon humble avis, leur légitimité. Mais on doit reconnaître qu'ils en ont de moins en moins d'une élection à l'autre et de ce fait il n'est pas loin le jour où nous serons peu à avoir la légitimité de nous prononcer puisque nous l'acquérons, je pense, qu'en allant voter. Posons-nous donc la question aujourd'hui à savoir si nous méritons toutes ces libertés et cette démocratie. Plusieurs prétendent, en tentant de s'en convaincre pour ne pas admettre leur lâcheté, que ce sont tous des pourris et que c'est pour cette raison qu'ils ne vont plus voter. Je leur répondrai, présente-toi, annule ton vote ou ferme-la.

1 commentaire:

  1. Bien d'accord avec toi Patrick,c'est bien triste tout ca.Mon droit de vote c'est mon droit de chialer.Cheers

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