dimanche 14 février 2010

L'indécence des chiffres

Le terrible séisme à avoir frappé Haiti le 12 janvier dernier aurait fait, selon le dernier bilan officiel, 270 000 morts, au moins le double de blessés et 1,2 million de sans-abri. Ce séisme, rappelons-le, était de 7,3 sur l'échelle de Richter. En 1989, un terrible séisme de 7,1 sur l'échelle de Richter secoue violemment San Francisco. On se souvient tous des images saisissantes de cette autoroute superposée qui s'était affaissée, tuant et emprisonnant des dizaines d'automobilistes, ce qui avait donné lieu à de beaux gestes de courage et même inspiré un film. Le bilan? 62 morts...

Qui du tremblement de terre ou des normes de construction tua le plus à Port-au-Prince? Certains suggèrent de ne pas rebâtir la ville à cet endroit, car trop dangereux d'un point de vue sismique. Pourtant Tokyo et tout le littoral de la Californie est bâti sur un risque sismique encore plus élevé, sauf que les normes de construction font toute la différence. Il faut donc aider les Haitiens à reconstruire mais en respectant des normes minimales et surtout leur montrer comment faire. Leur montrer l'importance de ne pas étirer le mélange de béton avec du sable, l'importance de l'armature de métal, même si elle ne se voit pas, etc... Tout est à rebâtir, en commençant par les mentalités et les façons de faire. Mais avec un peu de volonté et de soutien financier c'est faisable.

Parlant de soutien financier, le coût estimé de la reconstruction sur 5 ans est évalué à 10 milliards de dollars US. La somme peut paraître énorme mais c'est peu comparé aux quelques 149 milliards que les grosses financières américaines de Wall Street (je suis incapable d'utiliser le mot "grande" pour les décrire) ont octroyés en bonus à leurs dirigeants uniquement pour 2009.

Pendant ce temps à Vancouver c'est la fête. La fête du sport, de la paix et de la fraternité mondiale. C'est vraiment très beau et je l'avoue j'ai du plaisir à regarder les jeux olympiques. Sauf que cette année j'ai comme qui dirait un petit malaise qui vient de la facture de ces jeux. Comme si je mangeais dans un restaurant hors de prix et que le total appréhendé de la facture me privait en partie de mon plaisir et affectait ma délectation. Le coût total des jeux serait de 9 milliards. Pour ce montant on reconstruit en partie un pays et pouvons sortir un peuple de sa misère, mais nous préférons nous amuser. Je sais le tout était prévu et dépensé bien avant le tremblement de terre mais je crois qu'il y a au minimum une petite réflexion à faire sur le sujet. Je ne suis pourtant pas contre les jeux, mais 5 milliards pour les jeux aujourd'hui et 4 milliards pour notre prochain n'auraient pas fait le travail? Pour votre gouverne, l'aventure olympique a coûté 40 milliards à Pékin, 16 milliards à Athènes et Londres serait rendu à 19 milliards.

Revenons au Canada où nos grosses banques délient littéralement les cordons de leurs bourses pour venir en aide aux sinistrés Haitiens. Par exemple, la RBC a fait un don de 100 000$. Montant des bonus versés aux dirigeants de la RBC uniquement pour 2009 selon le Globe and Mail? 3.56 milliards. Leur don équivaut donc à 0.0028% du bonus annuel. Mettront-ils ce montant dans leur rapport d'impôt à la ligne don de charité d'après vous? Ou à moins que ce soit à la ligne publicité puisque le jour de l'annonce en question toutes les grandes chaînes en ont parlées aux bulletins de nouvelles comme si ils étaient de grands philantropes.

Parfois je trouve les chiffres très indécents. Ils se dévoilent sans dentelle ni ponpon pour qui sait compter sans s'en faire raconter.


mercredi 3 février 2010

Les deux solitudes... environnementales.

Les analystes politiques sont - ou étaient - tous d'accord pour dire que le ministre de l'environnement du gouvernement Harper, Jim Prentice, est un des plus solides ministres actuellement en poste à Ottawa. Fort de cette nouvelle assurance, il s'est lancé dans une attaque en règle du gouvernement Québécois dans sa décision d'imposer les normes Californiennes au parc automobile, qualifiant cette décision de folie. Il est vrai qu'il était de passage à Calgary, château-fort conservateur où la réduction des gaz à effet de serre est une préoccupation quotidienne...

Il est quand même ironique de voir un ministre de l'environnement fédéral reprocher à une province d'en faire trop pour l'environnement. À moins que ses intérêts premiers ne soient plutôt ceux du gouvernement conservateur, c'est-à-dire le développement des sables bitumineux et la relance à tout prix du secteur automobile nord-américain. Son devoir de réserve que lui impose sa condition de ministre de l'environnement aurait dû au minimum lui inspirer le silence. Mais les choses étant ce qu'elles sont, c'est-à-dire la pauvreté ministérielle chronique de ce gouvernement, Stephen Harper a visiblement choisi Prentice pour donner la réplique à la gifle reçue de Jean Charest à Copenhague. Comme quoi les deux solitudes se creusent et ne sont pas prêtes de se comprendre.

vendredi 29 janvier 2010

Haïti, cadeau pour l'humanité

En tant qu'occidentaux, nous avons souvent, voire toujours, la fâcheuse habitude de regarder de haut les populations des pays sous-développés. De les considérer comme nous étant inférieurs parce qu'ils vivent dans un bidonville ou sont illettrés. Leur "insignifiance économique" nous fait souvent nous désintéresser d'eux. Bref nous nous croyons, à tort, bien supérieur à eux. Et pourtant...

Le monde se définit exactement comme une cour d'école, à peine plus complexe. Rappelez-vous qui avait les plus belles chaussures, les plus beaux manteaux ou les plus belles casquettes? Les plus évolués ou les plus riches? Qui était toujours le "roi de la montagne" au sommet du monticule de neige en hiver? Le plus évolué ou le plus fort? Qui avait le plus de billes dans son sac? Le plus évolué ou le plus habile? Vous me voyez venir? Les plus beaux, les plus forts et les plus riches doivent la plupart du temps leur situation qu'à un complexe concours de circonstances qui a fait d'eux des privilégiés, mais surtout pas des êtres supérieurs. Être beau, fort et riche n'est pas un défaut en soi, si ces qualités servent à autre chose qu'à nourrir notre gigantesque et insatiable ego occidental, obsédé davantage par la croissance économique que le bien-être de nos semblables.

La ferveur avec laquelle le peuple haïtien passe à travers cette épreuve est une formidable leçon de courage et de résilience. Chaque jour ils prient Dieu de les avoir épargné. Vous imaginez? Ils ne lui en veulent pas, ils le remercient! Pour certains le fait d'être croyant est un signe de sous-évolution. Mais que l'on croit en Bouddha, Allah, Jésus-Christ ou simplement en la beauté de la Vie, le fait de croire en quelque chose qui nous dépasse et nous englobe à la fois est pour moi au contraire un formidable signe d'évolution duquel nous pouvons tirer de grandes leçons. Et que dire de leur formidable capacité de résilience, cette qualité qui leur donne la force de rebondir, de traverser les épreuves pour continuer à vivre et surtout vivre heureux! Vous imaginez-vous en train de chanter après avoir perdus tous ceux que vous aimiez? C'est ce qui a fait la différence au sortir de la seconde guerre mondiale chez les survivants de l'holocauste. Certains se sont suicidés, d'autres ont vivotés semi-dépressifs le reste de leur vie tandis que d'autres ont rebondis et ont eus des familles et des parcours de vie exceptionnels. Je crois qu'il ne nous incombe pas de porter des jugements sur ces différents destins, mais par contre on peut certainement admirer les plus beaux d'entre eux et en prendre exemple.

Aujourd'hui nous devons considérer le drame Haïtien comme un inestimable présent offert à l'humanité. Bien sûr ce drame n'était pas nécessaire vous me direz. Vous avez raison. Mais il est là et c'est à nous de profiter de la chance qui nous est donnée à travers lui, pour affirmer notre humanisme et l'amour de notre prochain. Certains sont déjà en marche. Laissons tomber nos arrières-pensées et n'apportons avec nous que des sentiments justes et vrais. Ce monde a soif de solidarité, de compassion et d'entraide. Abreuvons-le.

samedi 16 janvier 2010

Il ne manque que l'URSS...

Triste spectacle cette semaine que cette énième tragédie qui s'abat sur Haïti. Dans mon cas, jamais auparavant une tragédie ne m'avait autant touchée. Le tsunami de 2004 était tout aussi dramatique. Mais, malgré les chiffres ou les images, je crois qu'il y a un seuil au-delà duquel cela n'a plus d'importance. Un drame c'est un drame. Mais dans le cas d'Haïti c'est l'accumulation. C'est le déluge qui a fait déborder une piscine de larmes déjà trop pleine. Le comble c'est que certains veulent pisser dedans en plus.

Y a qu'à voir le ballet politique qui se joue autour de cette tragédie, moi ça me donne la nausée. Ca n'a d'ailleurs pris que quelques heures avant de commencer. En tête de ligne? Celui qui mène ce bal du désespoir en dansant autour du cadavre? Obaman, super-zéro amaricain. Les zamaricains débarquent et dès le départ prennent le contrôle de l'aéroport. Geste louable en soit, jusqu'à ce que l'on s'aperçoive qu'ils choisissent qui atterrit et qui vire de bord. L'aéroport c'est la porte d'entrée de l'aide internationale, c'est la porte de sortie des ressortissants étrangers devenus un fardeau et qu'il est préférable de voir repartir. Et comme le port est détruit et inopérant, tout doit transiter par l'aéroport. Qui contrôle l'aéroport contrôle donc qui peut venir aider. Vous allez dire Pat t'exagères, y oseraient pas faire ça. Ça leur ressemble, mais pas ici, pas dans de telles circonstances. Malheureusement oui...

Comme vous l'avez sûrement remarqué, j'aime bien faire quelques petits rappels historiques. La connaissance et la compréhension du passé nous est essentielle pour comprendre ce qui se passe et se trame sous nos yeux aujourd'hui. Haïti c'est le premeir pays au monde issu de l'abolition de l'esclavage. En 1804, les anciens esclaves et les colonisés Haïtiens ont battus les troupes de Bonaparte et déclarés leur indépendance. Mais depuis, le pays est demeuré dans la sphère d'influence française, comme de nombreuses colonies africaines. Le nerf de la guerre c'est justement ça, la sphère d'influence. Jusqu'à tout récemment les américains avaient la main-mise sur tout le continent sud-américain à quelques exceptions près. Mais des politiciens comme Chavez, Morales ou Lula sont venus brouiller les cartes. La sphère se rapetisse. C'est d'ailleurs sujet de conflit entre les États-Unis et la Russie, au sujet de l'élargissement de la sphère d'influence américaine aux frontières de la Russie. La possible adhésion à l'OTAN de la Géorgie, ancienne république soviétique, est le point déclencheur de la guerre russo-géorgienne d'il y a deux ans.

Mais pourquoi avoir une sphère d'influence? Pour de multiples raisons. Quand un pays en fait partie, encore plus quand il relève d'une crise, ça permet d'y exporter tous les biens de consommation dont ils ont besoin, ou dont on décide qu'ils ont besoin. Ou encore dont on prévoit qu'ils auront besoin pour se reconstruire. Vêtements, nourriture, pétrole, médicaments, armements, véhicules, etc... Depuis quelques temps déjà les américains s'intéressent à Haïti pour y développer une industrie textile bon marché et ainsi diminuer leur dépendance et surtout l'envoi de capitaux en Chine. Mais la France y est présente aussi, traditionnellement, mais les relations se sont refroidis depuis 2000. Vous me suivez? Haïti devient donc une sphère disponible. Je vous le dis, il ne manque que l'URSS pour se disputer le terrain comme en Europe à la fin de la guerre. Le fameux plan Marshall pour reconstruire l'Europe après la guerre était un ambitieux projet d'aide financière américaine dont l'Europe n'aurait pu se passer. Mais la condition sine qua non était que l'argent devait servir à importer des biens en provenance des États-Unis. Les jours qui suivirent le présent désastre, les américains parlaient déjà d'un plan d'aide en faisant carrément référence au Plan Marshall. Vous me suivez?

Revenons sur Port-au-Prince. Hier, deux avions français, l'un contenant tout le matériel pour établir un hôpital de campagne et l'autre transportant tout le personnel pour l'opérer ont dû rebrousser chemin, se voyant refuser l'atterrissage par les américains prétextant un trafic trop important. Pendant ce temps, tous les appareils américains, même ceux transportant de simples journalistes, plus utiles qu'un hôpital de campagne, se sont vus accordés l'autorisation d'atterrir. La France s'est plaint mais peine perdue, ce sera pour une autre fois. Je crois la France de meilleure foi que les États-Unis mais ils peuvent toujours nous surprendre, comme au Rwanda en 1994 quand ils avaient permis aux génocidaires Hutus de trouver refuge en France en toute impunité.

Pendant ce temps Obaman envoie Hillary Clinton constater l'ampleur de la catastrophe. Non mais y était pas supposé faire de la politique différemment lui? Gagez-vous qu'elle va pouvoir atterrir elle? Pas besoin d'un politicien inutile de plus à nourrir! Les survivants ne sont même pas encore tous secourus des décombres et déjà des ressources vont être affectées à une visite officielle? C'est le bout de la bêtise. On dirait quasiment qu'il l'envoie planter le drapeau américain sur la désolation Haïtienne comme Armstrong l'a fait sur la lune. Hillary Clinton c'est bien la dernière personne que les Haïtiens ont besoin. Même leur président devrait être évacué tellement il est inutile et dépassé. Il y a en Haïti suffisamment de militaires et de diplomates internationaux de haut rang pour effectuer cette tâche. Mais que voulez-vous, les américains ont besoin de clips pour CNN et Clinton est bonne pour faire remonter les démocrates dans les sondages. Obaman veut surtout pas commettre l'erreur de Bush qui s'était sacré de la Louisianne comme de ces dernières bobettes sales pendant Katrina. Je comprends ça mais de le faire au prix des vies que les français venaient secourir, faut le faire. Pour une fois, une seule, les enjeux humains auraient pu prendre le dessus sur les tractations politiques impérialistes américaines.

Je me console cependant quand je vois cet élan de générosité surgir de toutes parts. Et pour une fois, nos premiers ministres se montrent un tant soit peu dignes de leurs fonctions. Ni l'un ni l'autre n'a hésité à offrir de l'aide et déployer des moyens importants, tant humanitaires qu'administratifs pour faciliter l'immigration d'Haïtiens ayant de la famille au pays. Reste à voir si les allégements administratifs en seront véritablement. Une fois n'est pas coutume mais cette fois je peux dire, chapeau messieurs!

mardi 29 décembre 2009

Hydro-Québec, notre verger, pas notre "pusher"

Il y a un moment déjà que je veux écrire sur l'hydro. Je pense qui a pas un chroniqueur de la province qui a pas écrit sur l'hydro, même que Bernard Landry en a fait le sujet de son billet hebdomadaire dans la revue La Semaine. Bon vous me direz que je suis le seul à le lire mais j'en doute. Des copies de La semaine il s'en vend pas à peu près aux caisses des épiceries. Bref, lors d'un de mes épisodes quotidiens de transit intestinal, je me suis adonné à lire le billet de Bernard Landry, qui embarque lui aussi dans la ronde des bien-penseurs qui croit qu'on ne paie pas assez cher pour notre électricité, et qu'il est légitime pour le gouvernement de vouloir hausser les tarifs. Je m'excuse mais là c'est assez, faut que je m'en mêle.

Premièrement, remontons quelque peu dans le passé. Au début des années soixante-dix, notre très chère société d'état nageait dans les surplus d'électricité grâce aux fameux barrages de la Baie-James si chers à Robert Bourassa. Qu'ont-ils faits alors pour vendre ces surplus? Ils ont consentis des rabais substantiels aux alumineries, ils ont signés des ententes d'exportations avec les américains ET ils ont incités les québécois à tout convertir à l'électricité, prétextant que cette richesse nous appartenait et qu'elle nous serait toujours vendu à un coût très avantageux. Résultat? Les nouvelles constructions se convertissaient toutes à l'électricité. Chauffage électrique au lieu de la fournaise à l'huile, chauffe-eau électrique au lieu du chauffe-eau au mazout ou au gaz, cuisinière électrique au lieu de celle au gaz, chauffe-piscine électrique, etc... Résultat? Aujourd'hui la moitié de la province est chauffé électrique, facile d'augmenter les tarifs maintenant que nous sommes tous convertis. C'est un peu le principe du puscher, y te vend son stock pas cher jusqu'à ce que tu puisses plus t'en passer et après? PAN!
-Asteur ça te coûte tant mon homme.
-Mais tu m'avais dit que ... ?
-Je sais mais comme en Ontario et aux States y paie deux fois plus chers j'ai pas le choix, c'est le marché!
-Je veux ben sauf que je le sais moi que les American States se chauffent au mazout et que leurs appareils sont tous au gaz, qui est deux fois moins taxé que nous autres!
-Ben quessé tu veux, on a de la vision en tant que Libéral! D'ici 15 ans toute va être taxé égale icitte, l'électricité et le gaz, c'est ce qu'on vise. On appelle ça le Plan Mort...

Bien sûr il y a les lois du marché, mais chacun peut profiter de sa propre richesse. Prenez un pommiculteur et sa famille. Croyez-vous qu'ils paient le plein prix pour leur sac de pomme? Bien sûr que non! Ce sont leurs pommes, ce sont eux qui les produisent, c'est normal qu'ils les aient à un bon prix, c'est leur richesse! Même leurs parents et amis profitent d'un tarif préférentiel, c'est normal! Prenez le Vénézuela par exemple. Pays de 28 millions d'habitants, soit presque autant que le Canada. Il est le neuvième producteur mondial de pétrole, tout juste derrière le Canada qui est huitième, mais qui possède la plus grosse réserve. Et bien au Vénézuela, le prix de l'essence est à 4 cents le litre! Oui 4 cents le litre. Pourquoi? Parce que c'est leur richesse naturel, c'est donc tout à fait normal qu'il en soit ainsi! Le reste ils l'exportent au prix du marché et font quand même des profits faramineux, comme Hydro-Québec, notre verger à tous!

Le fait que nous payons aussi cher le litre d'essence en étant un si gros producteur, et en ayant la plus grosse réserve mondiale me dépasse, mais revenons plutôt à Hydro-Québec. Le gouvernement Charest s'en remet encore à sa société d'état pour hausser nos impôts. Pour moi il n'y a aucun doute sur le fait que les impôts devront être augmentés au Québec, c'est mathématique. Mais de le faire à parts égales sur le dos de tous relève de l'hypocrisie voire de l'injustice. Le Kw/h est vendu le même prix à CHAQUE citoyen du Québec, qu'il soit un travailleur de la forêt au chômage ou un prospère entrepreneur en construction. Augmenter les tarifs revient à les faire tous payer la même part alors que l'un est en bien meilleure posture que l'autre. Le jour où les entrepreneurs en construction devront répondre devant une véritable commission d'enquête et perdront leurs contrats, ils paieront moins que le travailleur forestier recyclé en foreur de mine d'or bien payé. Chacun son tour.

Si nous avions un gouvernement avec un tant soit peu de courage politique, il annoncerait des hausses d'impôts au lieu de hausses de tarifs d'électricité. Ces dernières années nous en avons eus plus souvent qu'à notre tour. En tant que citoyen et client d'Hydro-Québec, je demande à ce que les impôts soient augmentés, mais ne touchez pas au prix du Kw/h. M Charest, ayez donc un peu de courage pour une fois et ne refilez pas l'odieux de la hausse des revenus gouvernementaux à Hydro-Québec, c'est trop facile. Mais en même temps on est pas surpris, ça vous ressemble tellement...

vendredi 25 décembre 2009

Y a qu'à voir les stationnements.

Au Québec, durant la révolution tranquille, bien des choses ont changés. Nos moeurs, nos revenus mais aussi nos croyances. Je crois sincèrement que c'était pour le mieux, à l'époque. Pour le mieux en ce sens qu'aujourd'hui, au niveau de nos revenus, c'est encore pas mal mieux, au niveau de nos moeurs aussi dans l'ensemble, mais au niveau de nos croyances je m'interroge. En fait non pas que je sois nostalgique de l'époque où le clergé menait son bon peuple canadien-français par le bout du nez, souvent même jusque dans l'isoloir les jours de scrutins, mais plutôt sur ce qu'elles sont devenues en général.

Il y a de ça plusieurs décennies, le stationnement qui était assurément bondé dans le temps des fêtes était celui de l'église. C'était un incontournable. Aujourd'hui les gens pour la plupart se diront athées si vous leur posez la question. Et pourtant y a rien de moins vrai, à mon avis. Il y a longtemps que nous vouons un véritable culte au dieu de la surconsommation. Avez-vous tenté de vous stationner au centre commercial ces dernières semaines? Ou simplement avoir l'idée saugrenue de circuler sur une artère commerciale importante? Ici à Trois-Rivières le traffic était tel qu'il a même fait l'objet d'un reportage montrant des citoyens en colère qui plutôt que de se demander ce qu'ils pouvaient bien faire là dans ce bordel, réclamaient des améliorations aux infrastructures.

Autrefois les curés en chaire nous disaient quoi penser, combien d'enfants nous devions avoir, comment vivre, etc... Aujourd'hui ce sont les publicistes, ne vous détrompez pas. Nous nous sommes libérés d'un joug pour aussitôt s'accrocher à un autre. Vous en doutez? Le déclin de la pratique religieuse coïncide historiquement avec l'arrivée des premiers centres d'achats, des premières grandes surfaces, de la voiture pour tous, etc.

Ne vous méprenez pas sur mon compte, je ne suis pas un conservateur prêchant pour un retour aux "vraies valeurs". J'étais moi aussi pris dans cet embouteillage de noël, à brûler du pétrole sur place, laissant ainsi aux publicistes radiophoniques tout le loisir de terminer leur bourrage de crâne. Par contre ça a provoqué chez moi un début de réflexion. Où me mènera-t-elle? Je l'ignore mais chose sûre, l'année prochaine je commence mon magasinage au mois d'août. Joyeux noël!

lundi 21 décembre 2009

Mes deux déceptions du week-end, Copenhague et Claude Meunier

La conférence de Copenhague a pris fin. Que dire de cette farce monumentale où les soi-disants grands de ce monde ont été incapable de s'entendre. Pardon! C'est vrai il y a bel et bien eu une entente. Obama la voulait tellement, pour justifier son prix Nobel et ne pas tomber dans les sondages de popularité. Mais que vaut-elle cette entente? Vaut-elle au moins le coût des millions de feuilles de papier qu'elle a engendrées? Peut-être... Mais une chose est sûre, c'est qu'on s'est rit de nous et dans notre cas, chers Québécois, deux fois plutôt qu'une. On a rit de tous les simples citoyens de la planète qui s'attendaient à plus, pas mal plus. En particulier ceux de petits pays insulaires du Pacifique directement menacé de disparaître d'ici quelques décennies à peine. Ils sont rentrés chez eux la gorge serrée. Chef d'état ou non, sont ben fins mais quand même insignifiants. Mais ils sont quand même heureux de cette entente, qui dit quoi au juste? Qui dit simplement que l'environnement c'est très important et qu'il faudra y voir un jour. Peut-être à Mexico l'an prochain? Je vais commencer à faire brûler des lampions, tout à coup...

Quant à notre plus meilleur pays au monde, le Canada bien sûr, il a reçu le prix Fossile 2009 pour ses positions prises à Copenhague. Ce prix lui est décerné en raison notamment d'avoir voulu jeter aux rebus le protocole de Kyoto, modifier l'année de référence pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 1990 à 2005, et l'intention annoncée par le gouvernement Harper de se limiter à une réduction de 3 pour cent de ces émissions, la cible la plus basse des pays industrialisés. Une belle insulte quoi! Mais Harper ne s'en fait pas trop avec le prix Fossile, c'est juste la troisième fois en trois ans que le Canada en est le récipiendaire. Et le Québec dans tout ça? Étant simplement une "région fédérée", selon la ministre Beauchamps, il nous était difficile de faire entendre notre voix et de clamer haut et fort Hé!! Nous on veut faire quelque chose! La population le veut, les élus, toute la classe dirigeante québécoise est derrière notre premier ministre!! ALLO!! Mais j'oubliais, certains matins, la ministre Beauchamps arrivait en retard ou pas du tout, bloquée en dehors du centre des congrès par les manifestations. C'est que son accréditation ne lui donnait guère plus de droits d'accès que le préposé aux toilettes. Alors pour le moment, étant encore sujets de sa majesté et citoyen du Dominion du Canada, au niveau international les Québécois sont vus comme étant les égaux des bitumineurs albertains et conservateurs dans leurs efforts de réduction de GES. Pour être vu autrement, peut-être nous faudrait-il simplement être vu comme nous sommes? Une nation? Égale en toutes choses aux autres de notre planète? Si mes souvenirs sont exacts, même Harper l'a reconnue la nation Québécoise. Qu'attendons-nous pour nous reconnaître?

En fait, à mon humble avis, le seul fossile québécois qu'il m'ait été donné de voir ces jours-ci c'est Claude Meunier. Le célèbre créateur de La Petite Vie. Triste spectacle dimanche soir que cet épisode spécial de noël de La Petite Vie. Pourtant je suis très bon public avec les émissions d'humour Radio-Canadiennes. Infoman, Laflaque, 3600 secondes, je les aime toutes. Mais hier soir on s'est rit de nous. J'ai ri quelques fois, surtout grâce à Michel Côté et son célèbre Jean-Lou. Pour le reste ça ne valait pas le coup. Du mauvais réchauffé des pires épisodes d'il y a 15 ans. Sans plus. Assez qu'après une heure j'ai fui à Canal D qui présentait un excellent Docu-D sur Air Force One...